Les gens qui ne boivent pas de café sont des cons

Hey guys, voici un oldie que je ressors parce que mes activités chez Gentlemec m’y ont fait subitement repensé. Enjoy ;)
Les gens qui ne boivent pas de café sont des cons. Voilà, c’est dit. Moi, Axel Zita, 23 ans, sans aucun but dans la vie et considéré par la populace comme la raclure des moins-que-rien, symbole de la jeunesse qui brille par sa procrastination et son absence des débats intellectuels, je l’affirme haut et fort : les gens qui ne boivent pas de café sont des cons. Je vous vois déjà venir avec vos « Mais pour qui il se prend, ce stupide cancrelat dégénéré ? », et je vous dirai une chose : taisez-vous et écoutez.
Comment peut-on passer à côté de cette sensation sublime du liquide brûlant qui coule dans la gorge, de cet instant magnifique où l’amertume frappe le palais ? Comment est-il humainement possible de se priver du délice d’une scène de cinéma où la vapeur s’échappe lentement de la tasse blanche, quand le liquide noir palpite sous les caresses du vent calme ? Peut-on encore avoir une sensibilité pleine sans le souvenir d’un café en terrasse servi par une femme en bas nylon qui vous lance une œillade discrète ? Et quand bien même une truie en robe de chambre viendrait vous servir votre breuvage, n’auriez vous pas une histoire, celle d’un dégoût amusant à raconter ? Non, c’est indéniable. Les gens qui ne boivent pas de café sont des cons.
Ils écoutent la télévision, le gouvernement et la bien-pensance ambiante qui les incitent à ne pas prendre une seule tasse de cet excitant qui en plus d’être addictif rend les dents jaunes. Ils se croient à l’abri du monde, dans une coquille aseptisée nourrie par l’espoir d’avoir un jour une vie, une destinée différente de celle qu’ils se sont construites le long de leur lâcheté et des pas dans les clous de leur futur cercueil.
Ils diront sans doute qu’ils n’aiment pas le goût du petit noir, qu’il est trop chaud et qu’il brûle les lèvres. Ils vous feront croire que le café est toujours trop fort, qu’il n’est d’aucun intérêt, pas même décoratif. Ils s’englueront dans leur manque de volonté. Oui, le café n’est pas la meilleure boisson du monde ; oui, il a une brutalité qui râpe la gorge, c’est certain. Mais n’a-t-on jamais su supporter un petit mal pour un grand bien ? Le café est la boisson la moins chère du bar, et elle ne vous fait pas passer pour un pauvre pour autant. Elle vous offre une classe, celle d’une personne qui est inscrite dans la société, qui a une vie en dehors du travail et de la maison. Cette prestance vaut bien une amertume passagère sur la langue, a moins que l’on n’aie pas le courage d’affronter les quelques centilitres sombres au fond de la tasse.
Moutons. Lâches. Cons. Les gens qui ne boivent pas de café sont des cons, et qu’on ne vienne pas me dire qu’ils boivent son homologue snob, du thé. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes. Car si le thé est une serviette aristocratique, le café est son torchon ; un torchon plein d’élégance.